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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
bois avec des balustres fuselés et un linteau décoré d’une tète de chérubin à quatre paires d'ailes. Le pavillon necomprend qu’une salle; le corps de logis en comprend deux et, quant au dégagement qui les sépare, la mêmequestion se pose que pour l’hôtel précédent. Ici toutefois, l’étroitesse relative de la chambre de droite et lamauvaise disposition de sa fenêtre fait penser que la pièce devait comprendre également le couloir actuel.
Quoi qu’il en soit, ce couloir permet de passer aujourd’hui dans une arrière-cour tout encadrée de bâti-ments, où parait l’usage de la brique, et qui sont sans doute légèrement postérieurs. A droite, ce sont les servi-tudes, puis un autre escalier desservant le pavillon du fond, percé lui-mème d’un second porche servant d’entréesecondaire sur la rue de la Vieille-Poissonnerie (en haut du plan). A gauche, une galerie à arcades en pleincintre, jadis ajourées, supporte au premier étage un long couloir assez étroit desservant le pavillon du fond.Cette galerie est, en somme, surtout un motif de décor, et témoigne du goût qui se développe pour les cons-tructions symétriques et de pure façade.
L’ornementation générale est d’une grande sobriété, plus riche cependant que dans l’exemple pré-cédent, sans atteindre encore ce goût de surcharge décorative que connaîtront les artistes de l’époque suivanteet qui se manifeste déjà ici en certaines parties des constructions de la partie postérieure. Ce sont, sur la façadenotamment, des moulures, des corniches à denticules, des consoles, des clefs ornées de mascarons, etc. Al’intérieur subsiste une cheminée en bois d’un assez beau caractère mais qui parait postérieure au xvi' siècle.
Bibliographie : Ch. de Grandmaison : Tours archéologique : p. 228. — Guéritte : Le vieux Tours , pl. 79, 80, 81, 82, et 83,(nombreux croquis et détails). — P. Vitry : Tours et les Châteaux de Touraine , (Villes d'art célèbres) : 1905, p. 93 et 113 (tig.)
PL XXVI. — Loches. — Maison de la Chancellerie, 10, rue du Château.
Nous nous sommes déjà occupés au volume précédent de cet ensemble de bâtiments que longe la ruedu Château et qui est connu à Loches sous le nom de Chancellerie; (il est reproduit en entier par notreplanche XIII du tome II) nous avons spécialement décrit la maison du n° 14 , désignée sous le nom de maisondu Centaure. Voici maintenant celle qui la précède et qui, sans que l’on puisse au juste en exposer les raisons,passe pour avoir particulièrement droit au titre de Chancellerie. Elle est d’une dizaine d’années au moinspostérieure à la première et porte ostensiblement les dates de i55o-i55i.
Outre le corps de logis qui s’élève en façade sur la rue, elle présente une aile perpendiculaire surla cour avec, dans l’angle, à demi-saillant, un grand escalier à vis qui dessert et fait communiquer les deuxcorps de logis. Toute la partie arrière semble avoir été fortement retouchée au xvn' siècle et se prolonge, à lasuite de l’aile que nous venons de mentionner, par un bâtiment d’époque Louis X111. Le rez-de-chaussée complètement modernisé comportait et comporte encore un passage de porte cochère. Lecomble a été également transformé et sans doute privé de ses lucarnes. D’après le motif circulaire à modil-lons qui couronne l’angle du bâtiment vers le bas de la rue, on peut imaginer aussi qu’une tourelle d’angles’élevait à cette place (voir t. II, pl. XIII).
Mais le premier et le second étage offrent encore une intéressante façade avec application desordres antiques d’un caractère très nettement et sobrement classique, d’autant plus intéressante que l’édificeest daté avec précision et se trouve relativement précoce. La distribution des fenêtres, deux grandes et unepetite au milieu, semble annoncer deux pièces avec un réduit intermédiaire, mais les cloisonnements anciensn’existent plus et l’on en est réduit aux suppositions.
Ces fenêtres offrent des baies très hautes qui dépassent le niveau des pilastres et entament sur lafrise et l’on peut supposer que leur proportion a été altérée. Elles sont séparées par des couples de pilastresdoriques au premier étage, ioniques au second. A chaque extrémité, entre les deux pilastres, s’inscrit une nichesurmontée d’un cartouche ou motif décoratif. Tout cela est dans la plus pure tradition vitruvienne, de mêmeque la frise garnie de triglyphes. de patères et de bucrànes qui sépare les deux étages.
En plusieurs endroits paraissent des emblèmes, des monogrammes, des devises qui tous semblentbien être des attributs royaux : ce sont, sur la face en retour, au premier étage, les trois croissants de Henri II;à côté, sur la façade principale, un monogramme avec les deux C entrelacés qui peuvent figurer des I); enfin,au second les deux devises : Prudentia nutrisco. Justilia rejgno, que surmonte la date de i55i.
Bibliographie : Abbé Chevalier : Guide pittoresque du voyageur eu Touraine, p. 321. — L.-A. Bossebœuf : Loches, Monumentset souvenirs, p. 5 et 6.