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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

I 2

PI. XVIII et XIX. Orléans. Maison de la Coquille, rue de la Pierre-Percée.

Cest dans le voisinage des Halles comme la précédente, mais lamentablement entourée aujourdhui,sur une petite rue étroite en contre-bas du quai, dite autrefois de la Roche-Passe-Loire et actuellementde la Pierre-Percée, que sélève cette jolie et importante façade. Deux autres maisons anciennes sélevaient

géminées de limposte et lencadrement qui, au-dessus, met en vedette cette coquillequi est comme lenseigne de la maison.

Parmi les constructions du style dAndrouet du Cerceau la progression indiquée ci-dessus saccuseencore davantage, ligure celle qui portait le n° 60 de la rue des Hôtelleries, (aujourdhui 4, rue du Cerceau) etque la tradition attribue au grand architecte. Cette fois, cest la superposition classique des ordres, dorique,ionique et corinthien, qui sy accuse complètement, ce que nous navons encore remarqué nulle part dans nosédifices plus modestes, lon se contentait dune vague interprétation du type corinthien. Plus tardivecertainement encore est cette curieuse maison des Oves ' 11, rue Saint-Annei que lon attribue àBaptiste Androuet du Cerceau et qui nous montre lexemple des lourdes et excessives fantaisies dela tin du xvi e siècle.

PI. XX. Orléans. Maison, 41, rue du Poirier.

Cest à la môme période quappartient ce joli motif qui se voit sur une construction aujourdhui bana-lisée, de la rue du Poirier (dite jadis de lHuis-de-Fer), mais dont la partie droite montre encore quelquesmorceaux du xv e siècle.

11 faut pour dater ce morceau faire abstraction du médaillon qui y paraît en place dhonneuret qui, malgré les commentaires auxquels il a donné lieu, nous parait une addition moderne représentantquelque fantaisiste Henri IY. Il ne faut guère tenir compte non plus de la lettre H de lécusson qui semble

ne saccorde en tous cas ni avec leffigie ni avec le monogramme. Il nous semble, pour nous, être enprésence dun morceau darchitecture de i 56 o à 1080; cest un hors-dœuvre, dailleurs, formant uneespèce de loggia, ou de passage couvert, avec un plafond à caissons joliment décoré à lintérieur, mais dont

dans la même rue en face de la maison de la Coquille qui seule a été conservée. Elles ont été démolies en 1888

COUR

et la façade de lune delles a été reconstruite au revers du bâtiment neuf duM usée Historique (voir ci-contre la fig. 11 ).

La distribution de la façade de cette maison de la Coquille qui était, paraît-il.une ancienne commanderie relevée au xvi e siècle est presque identique à celle de la

précédente et nous ny insisterons pas, non plus que sur le plan de lhabitation, aujour-

dhui dailleurs beaucoup moins bien conservée et moins facilement reconnaissable.

B K

Notons seulement que le couloir du rez-de-chaussée existe encore, quelescalier, en partie modifié au xvn' siècle, présente encore quelques restes à la partiesupérieure qui permettent de supposer que cétait une simple vis en bois enclavéedans le bâtiment; mais surtout quil subsiste encore dans deux des pièces qui àchaque étage séclairent lune sur la rue, lautre sur la cour, deux cheminées à grand

manteau nu soutenu par des pilastres très simples, mais ornés de classiques chapiteauxioniques ou corinthiens.

Le décor ornemental de la façade est, du reste, dun caractère plus avancé etdune sobriété plus forte et plus classique. En labsence de tout renseignementhistorique, nous serions tentés de considérer cette seconde maison comme légèrementpostérieure à lautre. Plus de petites figures nues fantaisistes; des pilastres plus saillants.

Maison rue PikrkePercée. Plan

Fig. 12. Orléans:Maison rue Pikrke-Percée. Plandu rez-de-chaussée

Fig. 12. Orléans: U ne frise de guirlandes un peu lourde au premier étage, des consoles dun fort relief,

Maison rue Pikrke- dans lentablement du rez-de-chaussée, de très beaux motifs enfin très sagement composés

du rez-de-chaussée dans le couronnement de la petite porte, avec les trois termes qui séparent les baies

Bibliographie : Voir la pl. XIV et Verdier et Cattois : Architecture civile et domestique ... T. II, p. 123.

avoir été refaite. Enfin la date de 1040 portée sur un caisson de la voûte intérieure est suspecte et

la destination sexplique mal dans létat actuel du bâtiment. Lagencement décoratif en est agréable et lefletpittoresque en justifie la célébrité.