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3 [1913]
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sur lequel souvraient successivement les deux pièces du rez-de-chaussée. De ces deux pièces, ce fut celle quiséclairait en arrière sur la cour dont on fit la pièce dhonneur; percée de baies abondantes, elle fut dotée dunecheminée monumentale, agrémentée d'un réduit que lon agença dans une tourelle ou plutôt un pavillon carrésvmétrique à celui de l'escalier et que lon décora dun joli plafond sculpté. Cest cette disposition que révèle letrès joli ensemble de la façade la plus célèbre de cette maison; celle-ci était complétée jadis par une galerie latéraleappuyée au mur mitoyen et desservant un corps de bâtiment qui a été rasé. Par contre, depuisla première restaurationde 1860, conduite par larchitecte Millet, et linstallation du Musée historique, on a ajouté à l'immeuble lemplace-ment des maisons voisines sur lequel se sont élevées des constructions nouvelles agrémentées de morceaux anciensrapportés, dont il faut avoir soin de ne tenir nul compte pour comprendre le plan logique de la maison primitive.

La décoration de celle-ci, très simple sur les façades de la rue Neuve et de la rue des Albanais (le détailde la partie que nous publions permet den juger i, est déjà dun caractère de sobriété élégante et classique trèsaccusé. La façade de la cour délibérément on voulut faire œuvre dart, est beaucoup plus significative avecses ordonnances de colonnes cannelées ou décorées de torsades de feuillages et surmontées de chapiteaux corin-thiens fort corrects, ses baies cintrées aux moulures fines et précises, ses œils-de-bœuf encadrés de cartouchesgarnis de cuirs et de figurines. Linfluence des architectes théoriciens de lantiquité se marque déjà de façoncertaine : on a dépassé la formule appliquée dans les maisons dites dAgnès Sorel et de François I er que nousavons étudiées au volume précédent ('tome II, pl. XXVI-XXIX), et dont la plus tardive peut dater desenvirons de i 5 qo. La véritable Renaissance classique est déjà commencée et sans doute ses premières œuvrestypiques comme le château de Saint-Maur de Philibert de lOrme, ou le Louvre de Lescot, ont-ellesdéjà pu voir le jour.

Bibliographie : De Buzonnière : Histoire architecturale dOrléans, Paris 184g et Répertoire archéologique du Loiret.Orléans 1877. Léon Vaudoyer : Edifices civils et habitations privées de la ville dOrléans dans les Archives des Monuments historiques.1855-1872, T. IV, Renaissance. Architecture civile. Berty : La Renaissance monumentale en France. Paris, 1864. René Biémont :Orléans : p. 310-315. Herluison : Lhôtel Cabu, ses annexes et les collections du Musée historique dOrléans. Orléans, i8go.

PL XVI. Orléans. Maison, 39, rue du Tabour.

Cette façade qui ornait jadis lirrégulière et pittoresque rue du Tabour et qui a subi au cours destravaux qui en ont rectifié lalignement fij un traitement assez fâcheux, est voisine de la maison de lAnnon-ciade Jeanne dArc passe pour avoir reçu lhospitalité le jour de son entrée à Orléans, en 142g, assez voi-sine également de celle qui est connue sous le nom de maison d'Agnès Sorel, et dont il faut attribuer laconstruction soit à Pierre Compaing, soit à Euverte Hatte, soit à Jean Hatte qui la possédèrent successivement,(nous lavons étudiée au volume précédent Pl. XXVI à XXVlIIj. Elle est assez postérieure toutefois même àcette dernière que nous avons pu dater des environs de i 53 o. Vingt ou vingt-cinq ans les séparent à notresentiment, sans cependant quil faille, croyons-nous, dépasser pour celle-ci les limites du règne de Henri ILLa seule partie intéressante, dailleurs, est lordonnance de la façade du premier et du second étage; le rez-de-chaussée qui comprenait, parait-il, une petite porte en plein cintre surmontée de deux baies accolées réunies parun fronton, avait été malheureusement défiguré par linstallation de boutiques modernes. Il vient dêtre rétablià peu près dans ses dispositions anciennes. Au-dessus, à chaque étage, deux fenêtres accolées et très rapprochéessont divisées'-elles-mêmes en! deux baies cintrées par une élégante colonnette cannelée, de sorte que létage,qui ne comprenait certainement quune seule pièce, est éclairé par une sorte de galerie très ajourée commedans les maisons du moyen âge.

Dans le décor extérieur de ces galeries les éléments classiques ont fait leur apparition et toutes lesmoulures, tous les chapiteaux sont empruntés à la grammaire décorative nouvelle. Il règne toutefois danslensemble une élégance assez fleurie : les grands pilastres qui encadrent chaque galerie se souviennent encore,semble-t-il, des pilastres à arabesques du temps de François I er . Cest une combinaison beaucoup moins sévèreet intransigeante que ce que nous avons rencontré à Lyon ou à Paris, et, si lœuvre est contemporaine, peut-être même postérieure à lhôtel Carnavalet ou à lhôtel Bullioud, il est certain quil y reste beaucoup plus de lafantaisie gracieuse de lEcole de la Loire.

Bibliographie : Voir le n® précédent et Palustre : U Architecture de la Renaissance : p. 235 (fig).

(1) Notre photographie a été prise en 1909 avant les travaux dalignement.