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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

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Besançon : Palais GranvellePlan du rez-de-chaussée

verrons la preuve tout à lheure, que lon dut taire appelpour lexécution à laquelle collabora la ville même deBesançon et que dirigea la femme du propriétaire, NicoleJ li ^|f Bonvalot, le chancelier ne résidant guère dans le pays.

Celui-ci avait fait à Besançon une entrée solen-nelle en i 532 . Il acquit une partie des terrains en i 53 q etles travaux durent commencer tout de suite, puisquecette date se trouve inscrite sur le bâtiment, à la premièrefenêtre du rez-de-chaussée à droite de la porte. Celle dei 53 g se lit sur un chapiteau ionique au revers de la façadeet on peut croire que le gros œuvre fut terminé vers1540. On v travailla toutefois encore jusquen 1644, datedune nouvelle entrée triomphale du chancelier à Besan-çon. Des embellissements sy ajoutèrent, tels que desfontaines pour lesquelles la Ville ne concéda leau néces-saire quen i 55 o, lannée même de la mort du propriétaire.

François Perrenot de Granvelle succéda dans lamaison à son père en sa qualité dainé, tandis que lecélèbre cardinal Antoine de Granvelle, son frère puîné,ny dut faire que quelques séjours jusquen i.S-Ô, dateil se brouilla avec son neveu François et décida de sefaire construire lhôtel de Montmartin qui subsiste encoreà Besançon, 12, rue de lOrme de Chamars.

Lhôtel patrimonial fut habité ensuite par Thomas-François dOiselay, époux de Caroline dAutriche, quilembellit et lenrichit en particulier de collections magni.tiques dont nous avons une description datant de 1618; puis il fut occupé par les comtes de Saint-Amour.Après la conquête de Louis XIV, ceux-ci le louèrent à la Ville qui y installa le gouverneur royal et achetamême limmeuble en ipi. 5 . Vendu à la Révolution, celui-ci tut racheté encore en 1864 par la Ville àlaquelle il appartient toujours aujourd'hui. On y a installé divers services municipaux sans lui trouvertoutefois une utilisation digne de sa valeur monumentale.

Cest en effet un vaste quadrilatère de bâtimentsqui se développe autour dune cour carrée ornée en sonmilieu depuis 1864, dune médiocre statue du cardinal deGranvelle; à cette place sélevait jadis une fontaine décoréedu Jupiter antique que Marguerite dAutriche avaitoffert au chancelier en i 5 q 6 . et qui, donné plus tard àLouis XIV, figure aujourdhui au Louvre. Une partie de lafaçade arrière, très fruste, daspect gothique, appartientpeut-être à une construction antérieure. Mais la façade quisélève sur la grande rue est un exemple caractéristique dustyle voulu par le constructeur : elle se compose de troisétages et de cinq travées limitées par des colonnes sail-lantes et des entablements réguliers, le galbe des colonneset leurs proportions, le dessin assez pur de leurs chapi-teaux, leur superposition dans lordre consacré, dorique,ionique, corinthien indiquent la préoccupation classiquedominante, autant que laspect symétrique et monumentalde lensemble. Pourtant, tandis que la porte principale enplein cintre flanquée de ses colonnes cannelées (voir fig. 8),est dune correction presque parfaite, on trouverait encoredans les fenêtres du rez-de-chaussée, dont lune porte ladevise : sic visum superis , dans les chapiteaux plutôtcomposites que corinthiens du second étage, dans leslucarnes surtout qui paraissent tenir assez mal à lensemble

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Fig. 8. Besançon: Palais GranvellePorte sur la rue