8
HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
B
l'iG.
— Besançon : Palais GranvellePlan du rez-de-chaussée
verrons la preuve tout à l’heure, que l’on dut taire appelpour l’exécution à laquelle collabora la ville même deBesançon et que dirigea la femme du propriétaire, NicoleJ l“i ^ ”|f Bonvalot, le chancelier ne résidant guère dans le pays.
Celui-ci avait fait à Besançon une entrée solen-nelle en i 532 . Il acquit une partie des terrains en i 53 q etles travaux durent commencer tout de suite, puisquecette date se trouve inscrite sur le bâtiment, à la premièrefenêtre du rez-de-chaussée à droite de la porte. Celle dei 53 g se lit sur un chapiteau ionique au revers de la façadeet on peut croire que le gros œuvre fut terminé vers1540. On v travailla toutefois encore jusqu’en 1644, dated’une nouvelle entrée triomphale du chancelier à Besan-çon. Des embellissements s’y ajoutèrent, tels que desfontaines pour lesquelles la Ville ne concéda l’eau néces-saire qu’en i 55 o, l’année même de la mort du propriétaire.
François Perrenot de Granvelle succéda dans lamaison à son père en sa qualité d’ainé, tandis que lecélèbre cardinal Antoine de Granvelle, son frère puîné,n’y dut faire que quelques séjours jusqu’en i.S-Ô, date oùil se brouilla avec son neveu François et décida de sefaire construire l’hôtel de Montmartin qui subsiste encoreà Besançon, 12, rue de l’Orme de Chamars.
L’hôtel patrimonial fut habité ensuite par Thomas-François d’Oiselay, époux de Caroline d’Autriche, quil’embellit et l’enrichit en particulier de collections magni.tiques dont nous avons une description datant de 1618; puis il fut occupé par les comtes de Saint-Amour.Après la conquête de Louis XIV, ceux-ci le louèrent à la Ville qui y installa le gouverneur royal et achetamême l’immeuble en ipi. 5 . Vendu à la Révolution, celui-ci tut racheté encore en 1864 par la Ville àlaquelle il appartient toujours aujourd'hui. On y a installé divers services municipaux sans lui trouvertoutefois une utilisation digne de sa valeur monumentale.
C’est en effet un vaste quadrilatère de bâtimentsqui se développe autour d’une cour carrée ornée en sonmilieu depuis 1864, d’une médiocre statue du cardinal deGranvelle; à cette place s’élevait jadis une fontaine décoréedu Jupiter antique que Marguerite d’Autriche avaitoffert au chancelier en i 5 q 6 . et qui, donné plus tard àLouis XIV, figure aujourd’hui au Louvre. Une partie de lafaçade arrière, très fruste, d’aspect gothique, appartientpeut-être à une construction antérieure. Mais la façade quis’élève sur la grande rue est un exemple caractéristique dustyle voulu par le constructeur : elle se compose de troisétages et de cinq travées limitées par des colonnes sail-lantes et des entablements réguliers, le galbe des colonneset leurs proportions, le dessin assez pur de leurs chapi-teaux, leur superposition dans l’ordre consacré, dorique,ionique, corinthien indiquent la préoccupation classiquedominante, autant que l’aspect symétrique et monumentalde l’ensemble. Pourtant, tandis que la porte principale enplein cintre flanquée de ses colonnes cannelées (voir fig. 8),est d’une correction presque parfaite, on trouverait encoredans les fenêtres du rez-de-chaussée, dont l’une porte ladevise : sic visum superis , dans les chapiteaux plutôtcomposites que corinthiens du second étage, dans leslucarnes surtout qui paraissent tenir assez mal à l’ensemble
m
Fig. 8. — Besançon: Palais GranvellePorte sur la rue