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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE

passé trois ou quatre ans et qui allait peu après construire le château de Saint-Maur pour son protecteurle cardinal Jean du Bellay.

vers i5io à Lyon dune famille de maîtres maçons, Philibert de lOrme était parti pour lItalie dès1 533; il y avait soigneusement étudié et relevé les monuments antiques; il y avait dautre part poussé ses étudesthéoriques de constructeur, curieux des difficultés de stéréotomie et dagencement des matériaux et des plans.

Dès avant son départ pour Rome, le jeune architecte avait pu du reste prendre soit au contact deshumanistes, des libraires et imprimeurs lyonnais, soit au contact de la colonie florentine qui était établie àLyon, le goût de cette sobriété classique et de ce décor gréco-romain quil développa singulièrement pen-dant son séjour à Rome.

Il allait faire une première application de sa science toute fraîche dans ce travail quil eut loccasion dediriger à son retour à Lyon et dont il nous a lui-même rendu compte dans son Architecture (fol. 90 V°).

Le financier Antoine Bullioud, général des finances pour les provinces de Bretagne, possédait rueJuiverieune vieille demeure patrimoniale, dont les deux corps de bâtiment qui sélèvent sur la rue et sur lapremière cour contiennent encore quelques restes, escalier à vis, vestibule voûté dogives, etc... Cest un agran-dissement et un embellissement de ce logis bâti sur un terrain étroit comme tous ceux qui sentassaient au basde la colline de Fourvières que Philibert de lOrme reçut mission de réaliser. X T ous avons rencontré déjà, dansnotre première série de constructions de la fin de lépoque gothique, quelques-unes de ces combinaisons ingé-nieuses de tourelles et de galeries employées par les prédécesseurs de Philibert de lOrme pouraccommoder,comme.il dira plus tard, ces logis dautrefois.

Il sagissait de réunir les deux ailes postérieures du corps de logis, dajouter à des appartements, sansdoute à lancienne mode, de ces réduits ou cabinets dont le besoin se faisait sentir de plus en plus, de décorer enmême temps ce fond de cour lyonnaise dune ordonnance qui rappelât, dans ses proportions restreintes, la beautérégulière des palais florentins ou romains. Deux tourelles sur trompes sajustèrent dans les angles de la cour,l'une seulement à la hauteur du second étage, lautre comprenant le premier et le second, mais sans escalier.Lune des deux trompes, selon les expressions de De lOrme qui les décrit avec complaisance, estfaite en pleinemontée, ronde par le devant et de grande saillie, lautrebiaise, rampante, surbaissée et ronde. Deux arcsinégaux réunis par le pied supportent la galerie de façon assez inattendue et comme adventice. On dirait unexpédient de fortune imaginé pour rendre possible un ensemble trop théorique pour être stable.

Quant au décor il est dune régularité impeccable. Les ordres dorique et ionique sy superposent cor-rectement. Lentablement offre les triglyphes, patères, bucrànes et denticules copiés sur les meilleurs modèles.Des frontons cintrés ou triangulaires apparaissent au-dessus des fenêtres. Lensemble est dune élégance.notable, mais qui ne va pas sans sécheresse; par les proportions restreintes, comme par le caractère nettementantique, sans emphase et sans ambition colossale, cest bien le type de ce que Philibert de lOrme va donnerprochainement pour le dessin du tombeau de François I er .

Ce type darchitecture classique modérée et sobre est même si particulier à notre artiste, dès sesdébuts, que nous avons quelque peine à maintenir sous son nom deux morceaux darchitecture lyonnaisecomme le portail de Saint-Nizier ou le puits de la rue Saint-Jean (aujourdhui au musée) qui sont dun stylebeaucoup plus fleuri et moins sévère et qui ne comportent du reste que des attributions sans preuves certaines.

Bibliographie : Philibert de lOrme : LArchitecture. PI. XC V°. P. Martin : Recherches sur lArchitecture dans les maisonsdu Moyen Age et de la Renaissance à Lyon. Paris, 1854. Charvet : Biographies darchitectes : Philibert Delorme , p. 36. Clouzot :Philibert de lOrme : p. 39 et 109, pl. V. C. Jamot : Inventaire général du vieux Lyon : P. 38, fig. 18.

Pl. XII et XIII. Besançon. Palais Granvelle, Grande rue.

Le palais que se fit élever dans la ville de Besançon dont il était gouverneur Nicolas Perrenot, seigneurde Granvelle, chancelier de lempereur Charles-Quint, est une demeure de proportions grandioses et de physio-nomie très différente de celle des maisons que nous rencontrons habituellement en France. Il semble bien quece soit comme un vaste palais à litalienne élevé dans cette province qui ne devait se réunir à la France queprès dun siècle et demi plus tard et des influences tout autres que celles qui régnaient chez nous pouvaients'exercer à ce moment, dans lentourage immédiat de Charles-Quint en particulier. Quoiquil en soit, nous avons, dans lensemble des régions qui constituent la Prance moderne, un des exemples les plus précoces delintroduction du style classique.

Toutefois, si le plan est italien ainsi que la donnée générale, cest bien aux ressources locales, nous en