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3 [1913]
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HOTELS ET MAISONS I)E LA RENAISSANCE

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est dune disposition beaucoup plus régulière et classique. Toutefois elle pourrait encore à la rigueur, commeparti darchitecture, sinon comme décor, faire penser à tel grand escalier monumental de la première Renais-sance, celui de Chàteaudun par exemple; au contraire, dans le couronnement dudit escalier, lancienne chambresupérieure des vis gothiques est remplacée par une lanterne à double étage composée darcades et de pilastresréguliers, et lancienne petite tourelle accolée qui conduisait au dernier étage sinscrit dans un plan octogonalet se termine par un véritable tempielto circulaire aux colonnes munies de chapiteaux ioniques. Lensemble estdune nouveauté absolument originale et dun esprit tout pénétré de classicisme que souligne encore le Priapeabrité sous le petit temple rond (le morceau a été conservé dans son exécution originale) et les deux statuesrestituéesau sommet, daprès des indicationsanciennes, dont luneestun Apollon triomphant, lautreun Marsyas.

Cest aux mêmes mythes antiques que se rattachent aussi les représentations qui décorent la grandelucarne, deux hommes vêtus à lantique frappent sur le métalcomme des Tubalcaïns qui inventent les sonsen forgeant le métal,, plus haut, deux figures assises jouent lune de la lyre, lautre de la cornemuse rustique,

exprimant, ainsi que la très ingénieusementexposé i\l. R. Schneider, le débat mythologiqueentre Apollon et Marsyas que résume l'inscrip-tion tracée sur le linteau : MARS1AS VICTVSOBMVTESCIT. Enfin, au sommet de lalucarne, une gracieuse figure de jeune femme enbuste jouant du théorbe, offre une allégorie delart musical qui était cher sans nul doute aumaître de la maison.

La composition de la lucarne elle-mêmenest pas moins curieuse avec sa grande baieen plein cintre flanquée de deux colonnes sail-lantes et accotée de deux contreforts si particu-lièrement stylisés que lensemble prend un vagueair darc de triomphe. Tout le détail de cettesculpture a du reste été restauré récemment eten partie restitué par M. Geoffroy sous la direc-tion de M. de la Roque, mais avec beaucoup deprudence et de sagacité.

Le corps de logis principal se compose,à chaque étage, dune grande pièce qui souvresur la gauche de lescalier et séclaire sur les deux faces du bâtiment. Les cheminées noffrent malheureusementplus dintérêt; mais les paliers de lescalier, celui du rez-de-chaussée notamment, montrent de très jolis morceaux.Le plafond présente une décoration de caissons garnis de rinceaux à lantique; il est soutenu en son milieupar un arc en plein cintre, seul témoin subsistant de lancien système de supports en nervures qui naurait pasmanqué de figurer à cette place et que nous trouverons encore en des monuments plus tardifs, à lancienséminaire de Brive par exemple (voir pl. XXXIX à XLIII).

La porte en elle-même fpl. Y) noffre quun intérêt secondaire, malgré la jolie qualité de son exécu-tion; car, depuis le début du règne de François I er , ces combinaisons de pilastres, de corniches, de volutes etde niches sont chose courante dans larchitecture qui dérive de celle de Blois et de Chambord. Mais on remar-quera ici le bas-relief, dune composition assez touffue, qui représente des figures de lApocalypse sans rapportavec les mythologies que nous venons de citer et avec celles que nous allons retrouver tout de suite, mais quiévoque le souvenir de ce cavalier de lApocalypse, sculpté jadis en haut-relief sur la façade extérieure, aujour-dhui, disparu et qui avait fait donner à lHôtel le nom populaire d 'Hôtel du grand cheval. Dans le tympan decette petite porte, on voit assis au centre un personnage qui, par malheur, a perdu sa tète; il est accompagnédun ange et ce doit être lapôtre Jean lui-même; à gauche, figure le monstre aux sept têtes que terrasse un angeet adroite lautre monstre que chevauche la grande prostituée de Babylone. A droite et à gauche, sur le flancdes pilastres, à peine posés sur deux bouts de corniche, gambadent deux singes lubriques et ironiques.

Le bâtiment qui ferme la cour à gauche, reconstruit au xvm e siècle, noffre plus dintérêt. Celui dedroite, au contraire, malgré des remaniements graves que des restaurations récentes ont fait disparaître ( i !,

(i) Les deux étages avaient été réunis, le plancher intermédiaire étant supprimé ; les fenêtres de la façade, rompant lor-donnance, ne formaient plus quune immense baie sans proportion.

Fig. i. Caen : Hotei. dEscovii.i.ePlafond du palier de lescalier

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