NOTICES
HISTORIQUES ET DESCRIPTIVES
PL I à V. — Caen. — Hôtel iLEscoville, place Saint-Pierre.
L’hôtel de Nicolas le Valois, seigneur d’Escoville est une des plus importantes demeures quel’époque de la Renaissance ait laissées en France. Construit, selon toutes probabilités, ainsi que l’a démontréM. Prentout, par un maître maçon caennais, Biaise Leprestre, il témoigne, dans la disposition et la construc-tion de ses diverses parties, dans la décoration de ses façades, dans le choix des motifs de sculpture qui ysont répandus, d’une influence classique, et, en l’espèce, italienne, tout à fait caractérisée. La question, mal-heureusement à peu près insoluble, qui se pose ici, comme à propos de tant d’autres œuvres de la Renaissancefrançafse, c’est de savoir dans quelle mesure les exécutants locaux furent aidés ou dirigés pardes artistes étrangers implantés en France, ou bien dans quelle mesure et par quels moyens leuréducation artistique avait pu être dirigée dans un sens nouveau.
Quoi qu’il en soit, la date à laquelle il faut placer les travauxde l’hôtel d’Fscoville est à retenir comme l’une des plus précoces quel’on puisse enregistrer pour la création de morceaux aussi nette-ment orientés dans le sens de la Renaissance classique, aussinettement empreints de cet esprit qui est déjà en germe dans l'artcomposite franco-italien du temps de P'rançois I er , et se manifestealors plus ou moins suivant les circonstances, suivant l’importancedes entreprises, mais qui n’apparaît pas encore dans la moyennedes constructions de ce temps, tandis qu’il éclatera au grand jour,un peu partout, sous le règne de Henri IL
Une inscription relevée sur le principal corps de logisdonne la date de 1 535 et la mention d’un chroniqueur contemporainqui rapporte, en Ô 42 , que Nicolas le Valois mourut subitement“ainsi qu’il se devait asseoir à table, à la salle du pavillon de cebeau et superbe logis, près le carrefour Saint-Pierre, qu’il avaitfait bâtir l’an précédent”, nous donne la date d’achèvement ou d’in-terruption des travaux.
Ce Nicolas le Valois parait du reste avoir été un person-nage assez singulier. De noblesse récente, jouissant d’une fortune
considérable, acquise sans doute par le négoce et la spéculation, il était préoccupé d’alchimie et de philo-sophie hermétique, et devait en outre posséder une culture très variée dont on trouvera des indices dans lesreprésentations que nous allons rencontrer sur sa demeure.
Les travaux paraissent avoir commencé par le corps de bâtiment principal sis au fond de la cour(voir pl. I, partie gauche;, celui qui est dominé par la grande lucarne et qui se couronne d’un comble aigu;l’ensemble n’est pas sans rappeler le grand pavillon ajouté vers la même date au château de Fontaine-Henry, etprobablement par les mêmes architectes. Contre le pavillon est accolé un escalier monumental faisant corpsavec le bâtiment lui-même. Le parti de la vis en spirale en rappelle encore le système de constructiongothique; mais la loggia ajourée, à chaque étage par deux arcades en plein cintre, qui en forme les paliers.
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Fig. 1. — Caen : Hôtel d’EscovillePlan du rez-de-chaussée
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