IV
HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
E'ig. vi. — Angers : Ancien hôtel de villeRue Plantagenet
ÿ gothiques ou franco-italiens. Des frontons illo-giques vont venir couper les façades ou lescombles, des balustrades mensongères vont parfoisessayer de dissimuler les combles nécessaires etpersistants, mais amoindris et diminués pour jouerla terrasse à ritalienne.
Souvent aussi cette ornementation adven-tice, dont le sens même échappe à ceux quil'emploie, sera, sous prétexte de richesse, répandueavec une profusion regrettable et aboutira à uneconfusion et à un mauvais goût évidents. Il fautnoter l’emploi de plus en plus abondant de lafigure sculptée en ronde-bosse ou en bas-reliel,tantôt discrète et bien proportionnée lorsqu’il s’agitdes œuvres où Jean Goujon collabore avec Lescot,tantôt débordante et redondante comme dans cer-tains morceaux dijonnais ou toulousains.
Le plan de la maison ordinaire demeuredu reste à peu près identique à ce qu’il étaitautrefois, si ce n’est que l’escalier à vis estfréquemment remplacé par l’escalier à rampesdroites et que les divisions des pièces, réaliséesjadis à chaque étage par des cloisons volantes ou tout au moins légères, tendent à sepréciser et à s’établir de façon fixe, à l’aide de murailles plus importantes, souli-gnant ainsi ce besoin de confortable, de dégagements mieux établis dont nous avonsjadis noté l’origine et dont aucune influence extérieure ne saurait être rendue responsable.
Dans les hôtels, le plan aussi se complique et dans lemême sens. Fréquemment le logis se retire un peu de la rue ets'isole par une cour que ferme un avant-portail : les pavillons,les galeries s’ajoutent au corps principal pour le compléter etrendre l’habitation un peu plus complexe, en offrant à l’occu-pant une série de pièces réclamées par les mœurs du jour,variées de proportions ainsi que d’usage. Il y a la galerie oùl’on se promène, où l’on prend le frais, il y a le cabinet, oul'étude où L’on se retire pour « se soustraire, comme dit Mon-taigne, à la communauté et conjugale et filiale et civile.» Beaucoupde ces cabinets que nous rencontrerons étaient, dans les habitudesstudieuses de ces bourgeois de la Renaissance, épris de livreset de science, de véritables retraites de travail, où les livresrangés sur des étagères ménagées dans le lambris formaient laprincipale et parfois la seule décoration, mais où l’on enfermaitaussi les curiosités dont on était le plus fier.
En maints endroits aussi apparaîtront des motifs ou desparties d’édifices tout entières qui ne seront là que pour l’ap-parat, pour la beauté formelle et non pour l’utilité. Ce quifrappe surtout dans ces plans, c’est un besoin nouveau de régu-larité, de symétrie, de correction géométrique. On cherche
, v , . . . Fig. vii. — Etampes : Porte dans la
davantage a réaliser un batiment aux masses bien équilibrées maison dite de Diane de Poitiers
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