INTRODUCTION DU TOME III
III
riques qui apparaissent vers ce temps, dans leVitruve traduit par Jean Martin et illustré parGoujon, dans les traités originaux de Philibert del'Orme et de Jean Bullant ou dans les recueilsd’Androuet du Cerceau.
En dehors même de l’action des archi-tectes royaux, les mêmes idées, les mêmes prin-cipes se font jour à l’est et à l’ouest, avec lechâteau de Kerjean en Bretagne et celui du Paillyprès de Langres. De véritables écoles se consti-tuent, en Bourgogne ou en Languedoc, autourd'artistes comme Hugues Sambin et comme NicolasBachelier qui, eux aussi, sont des classiques formésà l’étude de l’Italie et de l’antiquité, mais quitémoignent dans l’utilisation et l’agencement deséléments antiques d’un tempérament très person-nel et d’une originalité très accusée.
Il est à remarquer, du reste, que pour cettedernière période le nombre des châteaux isolésdiminuent singulièrement; en dehors des grandspalais royaux et de quelques demeures presqueégales comme celles des Montmorency, c’est surtout dans des hôtels et maisons de ville quenous voyons se développer ce classicisme provincial moins pur que l’autre, mais d'uneoriginalité parfois assez savoureuse, à Dijon ou à Toulouse par exemple. Il est à remarquerd'ailleurs que les grands architectes théoriciens, les Français tout au moins, ne se font pas fautede s’occuper de la maison privée. Philibert de l'Orme, dans son premier ouvrage intitulé Nouvelles
inventions pour bien bâtir et à petits frais , puis dansson Architecture , ne dédaigne pas de donner des conseilsaux architectes qui travaillent pour les particuliers.Du Cerceau met à leur disposition des recueils demodèles « pour bâtir aux champs ou à la ville »dont on ne trouve pas toujours l’application exactedans la pratique, mais qui sont curieux à consultercomme spécimens en quelque sorte théoriques del’habitation contemporaine.
Qu’allons-nous donc rencontrer dans cettedernière série de constructions urbaines? Quellesnouveautés vont s’y faire jour? Quelles traditions vonty persister? C'est dans le décor, bien entendu, que lesmodifications, cette fois encore, vont s’accuser toutd'abord. Le système des ordres antiques, avec leurséléments invariables et leur superposition inévitable,va s’appliquer à l’ornementation des façades, mêmedans les maisons les plus simples. Pilastres etcolonnes appliquées, doriques, ioniques et corinthiens,termes et cariatides vont s’y disposer régulièrement,sans s'accorder toujours, comme faisaient dans l'ar-chitecture plus rationnelle d'autrefois, les ornements
Fig. v. — Toulouse: Galerie, 29, rue de la Dalbade
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Eig. iv. — Rodez : Galerie, 10, place du Bourg
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