II
HOTKLS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE
Rome, en particulier à la série des ordres antiques dontl’application devient une sorte de loi, s’impose à toutesles entreprises, religieuses aussi bien que civiles. Certainsmodes de construction, essentiels du reste, certaines dis-positions des bâtiments, comme la structure des comblesélevés par exemple, subsistent encore assez souvent, maistransformés et adaptés à des dessins nouveaux, à côté desolutions nouvelles qui s’implantent difficilement dans notreclimat, comme celle des terrasses à l’italienne. Le goût vas’accentuer en particulier de ces plans ambitieux, de ceseffets majestueux et réguliers, de cette harmonie tour àtour sobre et abondante que nous voyons se déployer dansla plupart des grandes entreprises de l’époque.
Les châteaux de Madrid, Saint-Germain, Villers-Cotterets, Fontainebleau sont les prototypes, réalisés duvivant de François I er , de cet art de la Renaissance clas-sique; celui-ci s’affirme, d’ailleurs, en même temps et parfoisde façon plus nette encore, dans certaines œuvres provin-ciales qui bénéficient d’une direction particulièrementFig. ii. — Lyon: Porte d’une Maison avancée et précoce comme les châteaux d’Assier et de Bour-
16, rue du Bœuf . ^
nazel, comme ceux de la Bâtie d’Urféen Forez ou du GrandJardin à Joinville. Dans le domaine particulier où nous sommes placés ici également, nousverrons telle construction urbaine comme l’hôtel d’Escoville de Caen, commencé dès iyts,manifester une volonté de classicisme sensiblement en avance snr la moyenne des constructionsde l’époque ; nous constaterons une précocité analogue dans les premières constructions duesà Nicolas Bachelier, à Toulouse, si bien qu’il faut, pour s’expliquer le caractère de l’une onl'autre œuvre, admettre un contact de leurs auteursavec l’art antique et l’art italien, antérieurementà la formation des classiques de l’Ile de France,imaginer l’intervention de quelque artiste émigréd’Italie, ou le voyage de quelqu’un des nôtres audelà des Alpes. •
Dès 1536-IS40 cependant, Philibert del’Orme construisait à Lyon la galerie de l’hôtelBullioud avant de venir se fixer dans la régionparisienne et d’entamer la construction du châteaude Saint-Maur. Dès 1542, Pierre Lescot commençaitses travaux à Paris. Parmi ceux-ci, et avant ceuxmême du Louvre où s’affirmera la nouvelle formedu style classique français, l’hôtel Carnavaletnous offrira un exemple typique d’une demeureconçue selon les principes nouveaux. Mais c'estsurtout sous le règne de Henri II et de ses filsque le style de la Renaissance classique se formuledéfinitivement dans les grandes demeures royalesou princières du Louvre, des Tuileries, de Fontai-nebleau, d’Ecouen, de Chantilly, de Fère en Tarde-
Fig. iii. — Toulouse : Hôtel du Vieux-Raisin
nois, en même temps que dans les œuvres théo- Fenêtre de l’aile droite
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