INTRODUCTION DU TOME III
Dès la seconde moitié dn règne de François L' r , on sent qu'une orientation nouvellese produit dans la direction générale de l’art lrançais : la première Renaissance est terminée,c’est la Renaissance classique qui commence. Les grandes entreprises royales qui se concentrentà partir de ce moment dans l’ile de France, autour de la capitale, Fontainebleau, Saint-Germain,Villers-Cotterets, en attendant le Louvre et les Tuileries, marquent plus de sévérité, plus degrandeur, moins de grâce et de pittoresque, plus de recherche de l’effet monumental ;elles présentent de moins en moins de concessions aux habitudes et aux traditions françaises.Le progrès des idées classiques est surtout sensible et l’autorité des Italiens interprètes del’antiquité, l’autorité quasi despotique notamment de cet architecte théoricien, dont le livre,maintes fois édité et traduit, va devenir comme le bréviaire des générations nouvelles, Vitruve,
s'aggrave de plus en plus.
Des artistes italiens de grande réputation et de science prolonde, tels que Vignole etSerlio, sont appelés par le roi et, s’ils ne font que passer, d’autres, tels que le Primatice ouDominique le Florentin, s’établissent à Fontainebleau
et y régnent en maîtres. Les maçons lrançais qui
s'appellent Gadier, Lebreton ou Chambiges, qu’ilstravaillent pour leur propre compte, ou sous la direc-tion de quelque maître, de quelque « deviseur deplans// italien, suivent l’impulsion et s'efforcent dese mettre à la mode nouvelle ; ils vont être, du reste,singulièrement dépassés dans cette voie par la géné-ration nouvelle qui comprendra les Jean Goujon, lesPierre Lescot, les Philibert de l'Orme et les JeanBullant, etc.
Instruits par l’étude des œuvres italiennes,ceux-ci vont surpasser leurs initiateurs même dans lesens renouvelé de la culture antique : tels, vers lamême date, dans un domaine différent, un Budé, unRabelais ou un Ronsard ; ils vont prétendre se faireles véritables interprètes de l’art gréco-romain, ilsvont fonder chez nous une école classique qui s’y
développera, comme l’on sait, pendant plusieurs siècles Fig - >• —Toulouse. Porte du Collège de lEsquilr
1 r L _ 1 Construite par Nicolas Bachei.ier
avec une pureté et une harmonie que l’Italie elle-
même avait à peine connue, qu'elle ne connaissait certainement plus à l’époque oii cette
école fleurissait chez nous.
C'en est fini, dès le début du règne de Henri II, des hésitations, des combinaisons.
des fantaisies où l'art d'autrefois apparaissait encore dans une sorte de compromis, peu àpeu envahi et repoussé du reste par les emprunts de détails faits aux modèles nouveaux, àl'Italie et à l’antiquité. Le moyen âge est bien mort et déjà presque oublié. Un art savant,artificiel, fondé sur Limitation raisonnée et consciente de l’antiquité se substitue à l’art spontanéet logique d’autrefois, ou aux fantaisies gracieuses et éphémères de la première Renaissance.Une grammaire décorative nouvelle, empruntée tout entière aux exemples de la Grèce et de
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