INFLUENCE'DE L’ENTHOUSIASME, ETC. 411
lyre, quant au milieu de la nuit le silence atout-à-coup été troublé par des chants oupar ces instruments qui ressemblent à la voixhumaine ? Ont-ils alors senti le mystère del’existence, dans cet attendrissement qui ré-unit nos deux natures, et confond dans unemême jouissance les sensations et lame ? Lespalpitations de leur cœur ont-elles suivi lerhythme de la musique? Une émotion pleinede charmes leur a-t-elle appris ces pleurs quin’ont rien de personnel, ces pleurs qui nedemandent point de pitié, mais qui nousdélivrent d’une souffrance inquiète excitéepar le besoin d’admirer et d’aimer ?
Le goût des spectacles est universel, car laplupart des hommes ont plus d’imaginationqu’ils ne croient, et ce qu’ils considèrentcomme l’attrait du plaisir, comme une sortede foiblesse qui tient encore à l’enfance, estsouvent ce qu’ils ont de meilleur en eux : ilssont, en présence des fictions, vrais, natu-rels, émus, tandis que dans le monde, ladissimulation, le calcul et la vanité disposentde leurs paroles, de leurs sentiments et deleurs actions. Mais pensent-ils avoir sentitout ce qu’inspire une tragédie vraiment belle,ces hommes pour qui la peinture des ailée-