410 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
que sont-ils à côté du véritable enthousiasme ?En contemplant le regard de la Niobé, decette douleur calme et terrible qui sembleaccuser les Dieux d’avoir été jaloux du bon-heur d’une mère, quel mouvement s’élèvedans notre sein S Quelle consolation l’aspectde la beauté ne fait-il pas éprouver, car labeauté est aussi de l’ame, et l’admirationqu’elle inspire est noble et pure ! Ne faut-ilpas pour admirer l’Apollon, sentir en soi-même un genre de fierté qui foule aux piedstous les serpents de la terre ? Ne faut-il pasêtre chrétien pour pénétrer la physionomiedes vierges de Raphaël et du St. Jérome duDominiquin ? Pour retrouver la même ex-pression dans la grâce enchanteresse et dansle visage abattu, dans la jeunesse éclatanteet dans les traits défigurés ? La même ex-pression qui part de l’ame et traverse, commeun rayon céleste, l’aurore de la vie ou lesténèbres de l’âge avancé ?
Y a-t-il de la musique pour ceux qui ne sontpas capables d’enthousiasme ? Une certainehabitude-leur rend les sons harmonieux néces-saires, ils en jouissent comme de la saveurdes fruits ou de la décoration des couleurs ;mais leur être entier a-t-il retenti comme une