412 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
lions les plus profondes n’est qu’une distrac-tion amusante ? Se doutent-ils du troubledélicieux que font éprouver les passions épu-rées par la poésie ? Ah combien les fictionsnous donnent de plaisirs ! Elles nous intéres-rent sans faire naître en nous ni remords nicrainte, et la sensibilité qu’elles développent,n’a pas cette âpreté douloureuse dont lesaffections véritables ne sont presque jamaisexemptes.
Quelle magie le langage de l’amour n’em-prunte-t-il pas delà poésie et des beaux arts 1Qu’il est beau d’aimer par le cœur et par lapensée ! De varier ainsi de mille maniérés unsentiment qu’un seul mot peut exprimer, maispour lequel toutes les paroles du monde nesont encore que misère ! De se pénétrer deschefs-d’œuvre de l’imagination qui relèventtous de l’amour, et de trouver, dans les mer-veilles de la nature et du génie, quelquesexpressions de plus pour révéler son proprecœur !
Qu’ont-ils éprouvé ceux qui n’ont pointadmiré la femme qu’ils aimoient, ceux en quile sentiment n’est point un hymne du cœur,et pour qui la grâce et la beauté ne sontpas l’image céleste des affections les plus