I
DE L’ENTHOUSIASME.
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mêmes. L’enthousiasme seul peut contre-balancer la tendance à l’égoïsme, et c’est àce signe divin qu’il faut reconnoître les créa-tures immortelles. Lorsque vous parlez àquelqu’un sur des sujets dignes d’un saintrespect, vous apercevez d’abord s’il éprouveun noble frémissement, si son cœur bat pourdes sentiments élevés, s’il a fait alliance avecl’autre.vie, ou bien s’il n’a qu’un peu d’espritqui lui sert à diriger le mécanisme de l’exis-tence. Et qu’est-ce donc que l’être humain,quand on ne voit en lui qu’une prudence dontson propre avantage est l’objet ? L’instinctdes animaux vaut mieux, car il est quelque-fois généreux et fier ; mais ce calcul, quisemble l’attribut de la raison, finit par rendreincapable de la première des vertus, le dé-vouement.
Parmi ceux qui s’essaient à tourner lessentiments exaltés en ridicule, plusieurs ensont pourtant susceptibles à leur insçu. Laguerre, fût-elle enti'eprise par des vues per-sonnelles, donne toujours quelques-unes desjouissances de l’enthousiasme ; l’enivrementd’un jour de bataille, le plaisir singulier des’exposer à la mort, quand toute notre naturenous commande d’aimer la vie, c’est encore à
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