388 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
chemin de la raison égoïste doit être de seprendre soi-même pour but de tous ses efforts,et de n’estimer dans ce monde que la santé,l’argent et le pouvoir. Sans doute la con-science suffit pour conduire le caractère leplus froid dans la route de la vertu ; maisl’enthousiasme est à la conscience ce quel’honneur est au devoir : il y a en nous unsuperflu d’aine qu’il est doux de consacrerà ce qui est beau, quand ce qui est bien estaccompli. Le génie et l’imagination ontaussi besoin qu’on soigne un peu leur bon-heur dans ce inonde ; et la loi du devoir,quelque sublime qu’elle soit, ne suffit pas pourfaire goûter toutes les merveilles du cœur etde la pensée.
On ne sauroit le nier, les intérêts de lapersonnalité pressent l’homme de toutes parts;il y a même dans ce qui est vulgaire unecertaine jouissance dont beaucoup de genssont très susceptibles, et l’on retrouve sou-vent les traces de penchants ignobles sousl’apparence des manières les plus distinguées.Les talents supérieurs ne garantissent pastoujours de cette nature dégradée, qui disposesourdement de l’existence des hommes etleur fait placer leur bonheur plus bas qu’eux-