390 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
l’enthousiasme qu’il faut l’attribuer. La musi-que militaire,le hénissement des chevaux, l’ex-plosion de la poudre, cette foule de soldatsrevêtus des mêmes couleurs, émus par lemême désir, se rangeant autour des mêmesbannières, font éprouver une émotion quitriomphe de l’instinct conservateur de l’exis-tence ; et cette jouissance est si forte, que niles fatigues, ni les souffrances, ni les périls nepeuvent en déprendre les âmes. Quiconque avécu de cette vie n’aime qu’elle. Le butatteint ne satisfait jamais ; c’est l’action dese risquer qui est nécessaire, c’est elle qui faitpasser l’enthousiasme dans le sang; et quoi-qu’il soit plus pur au fond de l’arae, il estencore d’une noble nature lors même qu’il apu devenir une impulsion presque physique.
On accuse souvent l’enthousiasme sincèrede ce qui ne peut être reproché qu’à l’enthou-siasme affecté; plus un sentiment est beau,plus la fausse imitation de ce sentiment estodieuse. Usurper l’admiration des hommesest ce qu’il y a de plus coupable, car on tariten eux la source des bons mouvemens en lesfaisant rougir de les avoir éprouvés. D’ail-leurs rien n’est plus pénible que les sons fauxqui semblent sortir du sanctuaire même de