384 LA RELIGION ET L'ENTHOUSIASME.
génie et sur les créatures vivantes. Le tempsn’outrage que l’homme : quand les rocherss’écroulent, quand les montagnes s’abîmentdans les vallées, la terre change seulement deface ; un aspect nouveau excite dans notreesprit de nouvelles pensées, et la force vivi-fiante subit une métamorphose, mais non undépérissement ; les ruines des beaux-arts par-lent à l’imagination, elle reconstruit ce que letemps a fait disparoître, et jamais, peut-êtreun chef-d’œuvre dans tout son éclat n’a pudonner l’idée de la grandeur autant que lesruines mêmes de ce chef-d’œuvre. On sereprésente les monuments à demi-détruits,revêtus de toutes les beautés qu’on supposetoujours à ce qu’on regrette : mais qu’il estloin d’en être ainsi des ravages de la vieil-lesse !
A peine peut-on croire que la jeunesseembellissoit ce visage, dont la mort a déjàpris possession : quelques physionomies échap-pent par la splendeur de l’ame à la dégrada-tion ; mais la figure humaine dans sa déca-dence, prend souvent une expression vulgaire,qui permet à peine la pitié ! les animaux per-dent avec les années, il est vrai, leur forceet leur agilité. mais l’incarnat de la vie ne se