382 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
nobles. Je ne sais quel rapport existe entreles cieux et la fierté du cœur, entre les rayonsde la lune qui reposent sur la montagne et lecalme de la conscience, mais ces objets nousparlent un beau langage, et l’on peut s’a-bandonner au tressaillement qu’ils causent,l’ame s’en trouvera bien. Quand le soir, à l’ex-trémité du paysage, le ciel semble toucher desi près à la terre, l’imagination se figure, pardelà l’horizon, un asyle de l’espérance, unepatrie de l’amour, et la nature semble répétersilencieusement que l’homme est immortel.
La succession continuelle de mort et denaissance, dont le monde physique est le thé-âtre, produiroit l’impression la plus doulou-reuse, si l’on ne croyoit pas y voir la traceds la résurrection de toutes choses, et c’estle véritable point de vue religieux de la con-templation de la nature que cette manière dela considérer. On finiroit par mourir de pitiési l’on se bornoit en tout à la terrible idée del’irréparable : aucun animal ne périt sansqu’on puisse le regretter, aucun arbre netombe sans que l’idée qu’on ne le reverra^plus dans sa beauté n’excite en nous uneréflexion douloureuse. Enfin, les objets in-,animés eux-mêmes font mal quand leur déca-.