380 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
dans la Genèse, “ que le Tout-Puissant séparales eaux de la terre des eaux du ciel, et lessuspendit dans les airs.” Le ciel est en effetun noble allié de l’océan ; l’azur du fir-mament se fait voir dans les ondes, et lesvagues se peignent dans les nues. Quelquefoisquand l’orage se prépare dans l’atmosphère,la mer frémit au loin, et l’on diroit qu’ellerépond par le trouble de ses flots aù mysté-rieux signal qu’elle a reçu de la tempête.
M. de Humboldt dit dans ses vues scientifi-ques et poétiques sur l’Amérique méridionale,qu’il a été témoin d’un phénomène observédans l’Egypte, et qu’on appelle mirage. Tout-à-coup, dans les déserts les plus arides, laréverbération de l’air prend l’apparence deslacs ou de la mer, et les animaux eux-mêmes,haletans de soif, s’élancent vers ces imagestrompeuses, espérant s’y désaltérer. Les di-verses figures que la gelée trace sur le verreoffrent encore un nouvel exemple de ces ana-logies merveilleuses, les vapeurs condenséespar le froid dessinent des paysages semblablesà ceux oui se font remarquer dans les con-trées septentrionales : des forêts de pins, desmontagnes hérissées reparaissent sous cesblanches couleurs, et la nature glacée se plait