DE LA CONTEMPLATION DE LA NATURE. 379
haler en parfums odoriférants leurs hymnesde louanges. Quand on élève ces fleurs dansl’obscurité, pâles, elles ne revêtent plus leurscouleurs accoutumées ; mais quand on lesrend au jour, le soleil réfléchit en elles sesrayons variés comme dans l’arc-en-ciel, etl’on diroit qu’il se mire avec orgueil dansla beauté dont il les a parées. Le sommeildes végétaux pendant de certaines heures etde certaines saisons de l’année est d’accordavec le mouvement de la terre ; elle entraînedans les régions qu’elle parcourt la moitié desplantes, des animaux et des hommes en-dormis. Les passagers de ce grand vaisseauqu’on appelle le monde se laissent bercerdans le cercle que décrit leur voyageuse de-meure.
La paix et la discorde, l’harmonie et ladissonance, qu’un lien secret réunit, sont lespremières lois de la nature, et soit qu’elle semontre redoutable ou charmante, l’unitésublime qui la caractérise se fait toujoursreconnoître. La flamme se précipite en vaguescomme les torrents ; les nuages qui parcou-rent les airs prennent quelquefois la formedes montagnes et des vallées, et semblent imiteren se jouant l’image de la terre. Il est dit