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LA RELIGION ET L'ENTHOUSIASME.
ne doit, ni appeler sur lui la souffrance, nis’irriter contre elle quand elle arrive.
Quel mal pourroit-il donc résulter de cettecroyance qui réunit le calme du stoïcismeavec la sensibilité des chrétiens ?—Elle em-pêche d’aimer, dira-t-on.—Ah ! ce n’est pasl’exaltation religieuse qui refroidit l’ame : unseul intérêt de vanité a plus anéanti d’affec-tions qu’aucun genre d’opinions austères :les déserts même de la Thébaïde n’affoiblissentpas la puissance du sentiment, et rien n’em-pêche d’aimer que la misère du cœur.
L’on attribue faussement un inconvénienttrès grave à la mysticité. Malgré la sé-vérité de ses principes, on prétend qu’ellerend trop indulgent sur les œuvres, à forcede ramener la religion aux impressions inté-rieures de l’ame, et qu’elle porte les hommesà se résigner à leurs propres défauts, commeaux évènements inévitables. Rien ne seroitassurément plus contraire à l’esprit de l’évan-gile que cette manière d’interprêter la sou-mission à la volonté de Dieu. Si l’on ad-mettoit que le sentiment religieux dispenseen rien des actions, il en résulterait, non-seulement une foule d’hypocrites qui préten-draient qu’il ne faut pas les juger par cesvulgaires preuves de religion, qu’on appelle