DE LA MYSTICITE.
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volonté se porte sur la foible portion quisemble encore en notre puissance. Or l’ac-tion de la volonté même sur cette foible por-tion est singulièrement incomplète. Le seulacte de la liberté de l’homme qui atteigne tou-jours son but, c’est l’accomplissement du de-voir : l’issue de toutes les autres résolutionsdépend en entier des accidents auxquels laprudence même ne peut rien. La plupartdes hommes n’obtiennent pas ce qu’ils veulentfortement: et la prospérité même, lorsqu’ilsen ont, leur vient souvent par une voie in-attendue.
La doctrine de la mysticité passe pour sé-vère, parcequ’elle commande le détachementde soi, et que cela semble avec raison fortdifficile : mais elle est dans le fait la plusdouce de toutes ; elle consiste dans ce pro-verbe, faire de nécessité vertu : faire de
nécessité vertu, dans le sens religieux, c’estattribuer à la Providence le gouvernement dece monde, et trouver dans cette pensée uneconsolation intime. Les écrivains mystiques,n’exigent rien au-delà de la ligne du devoir,telle que tous les hommes honnêtes l’ont tra-cée ; ils ne commandent point de se faire despeines à soi-même ; ils pensent que l’homme
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