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LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
tel empire sur les affaires de ce monde, queles caractères qui ne s’y prêtent pas sont na-turellement rejettes dans l’extrême opposé.C’est pourquoi tous les penseurs solitaires,d’un bout du monde à l’autre, cherchent àrassembler, dans un même foyer, les rayonsépars de la littérature, de la philosophie et dela religion.
On-craint en général que la doctrine de larésignation religieuse, appelée dans le siècledernier le quiétisme, ne dégoûte de l’activiténécessaire dans cette vie. Mais la nature secharge assez de soulever en nous les passionsindividuelles pour qu’on n’ait pas beaucoup àcraindre d’un sentiment qui les calme.
Nous ne disposons ni de notre naissance,ni de notre mort, et plus des trois quarts denotre destinée sont décidés par ces deux évè-nements. Nul ne peut changer les donnéesprimitives de sa naissance, de son pays, deson siècle, etc. Nul ne peut acquérir la figureou le génie qu’il n’a pas reçus de la nature ;et de combien d’autres circonstances impé-rieuses encore la vie n’est-elle pas composée •Si notre sort consiste en cent lots divers, il yen a quatre-vingt-dix-neuf qui ne dépendentpas de nous ; et toute la fureur de notre