312 LA RELIGION ET L’ENTHOUSIASME.
nement, aucun tableau n’eu décoroit lesblanches murailles, elle étoit nouvellementbâtie, et nul souvenir d’un long passé ne larendoit vénérable : la musique même, que lessaints les plus austères ont placée dans le cielcomme la jouissance des bienheureux, sefaisoit à peine entendre, et les psaumes étoientchantés par des voix sans harmonie, que lestravaux de la terre et le poids des annéesrendoient rauques et confuses ; mais au milieude cette réunion rustique, où manquoienttoutes les splendeurs humaines, on voyoit unhomme pieux dont le cœur étoit profondé-ment ému par la mission qu’il remplissoit.*Ses regards, sa physionomie pouvoient servirde modèle à quelques-uns des tableaux dontles autres temples sont parés ; ses accentsrépondoient au concert des anges. Il y avoitlà devant nous une créature mortelle, con-vaincue de notre immortalité, de celle de nosamis que nous avons perdus, de celle de nosenfants qui nous survivront de 'si peu dans lacarrière du temps ! et la persuasion intimed’une aine pure sembloit une révélation nou-velle.
Il descendit de sa chaire pour donner la
* M. Célérier, pasteur de Satignv, près de Genève.