292 LA RELIGION ET L'ENTHOUSIASME.
CHAPITRE III.
Du culte des frères Moraves.
Il y a peut-être trop de liberté dans le pro-testantisme pour contenter une certaine aus-térité religieuse qui peut s’emparer de l’hommeaccablé par de grands malheurs ; quelquefoismême, dans le cours habituel de la vie, laréalité de ce monde disparoît tout à coup, etl’on se sent au milieu de ses intérêts commedans un bal dont on n’entendroit pas la mu-sique. Le mouvement qu’on y verroit paroî-troit insensé, une espèce d’apathie r'êveuses’empare également du Bramin et du sauvage,quand l’un, à force de penser, et l’autre, àforce d’ignorer, passent des heures entièresdans la contemplation muette de la destinée.La seule activité dont on soit susceptible alorsest celle qui a le culte divin pour objet. Onaime à faire à chaque instant quelque chosepour le ciel; et c’est cette disposition qui inspire