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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE,
timent de l’infini est un fait de l’ame, un faitprimitif, sans lequel il n’y auroit rien dansl’homme que de l’instinct physique et ducalcul.
Il est difficile d'être religieux à la manièreintroduite par les esprits secs, ou par leshommes de bonne volonté, qui voudroientfaire arriver la religion aux honneurs de ladémonstration scientifique. Ce qui touche siintimement au mystère de l’existence ne peut-être exprimé par les formes régulières de laparole. Le raisonnement dans de tels sujetssert à montrer où finit le raisonnement ; et làoù il finit commence la véritable certitude ;car les vérités de sentiment ont une forced’intensité qui appelle tout notre être à leurappui. L’infini agit sur l’ame pour l’éleveret la dégager du temps. L’œuvre de la viec’est de sacrifier les intérêts de notre existencepassagère à cette immortalité qui commencepour nous dès à présent, si nous en sommesdéjà dignes ; et non-seulement la plupart desreligions ont ce même but, mais les beauxarts, la poésie, la gloire et l’amour, sont desreligions dans lesquelles il entre plus ou moinsd’alliage.
Cette expression, c’est divin, qui est passée