CONSIDÉRATIONS GENERALES, ETC. 271
et la douleur, tout inspire à l’homme cettereligion universelle dont son cœur est le sanc-tuaire.
Un homme dont j’ai déjà eu l’occasion deparler, M. Ancillon, vient de faire paroîtreun ouvrage sur la nouvelle philosophie del’Allemagne, qui réunit la lucidité de l’espritfrançois à la profondeur du génie allemand.M. Ancillon s’est déjà acquis un nom célèbrecomme historien ; il est incontestablement cequ’on a coutume d’appeler en France unebonne tête ; son esprit même est positif etméthodique, et c’est par son ame qu’il asaisi tout ce que la pensée de l’infini peutprésenter de plus vaste et de plus élevé. Cequ’il a écrit sur ce sujet porte un caractèretout à fait original ; c’est, pour ainsi dire,le sublime mis à la poi’tée de la logique : iltrace avec précision la ligne où les connois-sances expérimentales s’arrêtent, soit dansles arts, soit dans la philosophie, soit dans lareligion ; il montre que le sentiment va beau-coup plus loin que les connoissances, et quepar-delà les preuves démonstratives il y al’évidence naturelle ; par-delà l’analyse, l’in-spiration ; par-delà les mots, les idées ; par-delà les idées, les émotions ; et que le sen-