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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

cence, avec profondeur, sans être pénétré dereligion et dimmortalité.

Tous les sacrifices de lintérêt personnelviennent du besoin de se mettre en harmonieavec ce sentiment de linfini dont on éprouvetout le charme, quoiquon ne puisse lexprimer.Si la puissance du devoir étoit renfermée dansle court espace de cette vie, comment doncauroit-elle plus dempire que les passions surnotre ame ? Qui sacrifierait des bornes à desbornes ? Tout ce qui finit est si court, ditSaint Augustin, les instants de jouissanceque peuvent valoir les penchants terrestres,et les jours de paix quassure une conduitemorale, différeraient de bien peu, si des émo-tions sans limite et sans terme ne s'élevaientpas au fond du cœur de lhomme qui se dé-voue à la vertu.

Beaucoup de gens nieront ce sentiment delinfini, et certes ils sont sur un excellent ter-rain pour le nier, car il est impossible de leleur expliquer ; ce nest pas quelques mots deplus qui réussiront à leur faire comprendre ceque lunivers ne leur a pas dit. La naturea revêtu linfini des divers symboles qui peu-vent le faire arriver jusquà nous : la lumièreet les ténèbres, lorage et le silence, le plaisir