CONSIDÉRATIONS GENERALES, ETC.
2G9
tl devenue pour elle une jouissance au lieu“ d’être un poids.”
En effet, quand nous nous livrons en entieraux réflexions, aux images, aux désirs quidépassent les limites de l’expérience, c’estalors seulement que nous respirons. Quandon veut s’en tenir aux intérêts, aux conve-nances, aux lois de ce monde, le génie, lasensibilité, l’enthousiasme agitent péniblementnotre ame ; mais ils l’inondent de délicesquand on les consacre à ce souvenir, à cetteattente de l’infini qui se présente dans lamétaphysique sous la forme des dispositionsinnées, dans la vertu sous celle du dévoue-ment, dans les arts sous celle de l’idéal, etdans la religion elle-même sous celle del’amour divin.
Le sentiment de l’infini est le véritableattribut de l’ame : tout ce qui est beau danstous les genres excite en nous l’espoir et ledésir d’un avenir éternel et d’une existencev sublime ; on ne peut entendre ni le vent dansla forêt, ni les accords délicieux des voixhumaines ; on ne peut éprouver l’enchante-ment de l’éloquence ou de la poésie ; enfin,surtout, enfin on ne peut aimer avec inno-