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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

nature effacée, de quelque bon goût quelleparoisse, a bien aussi ses ridicules ; mais peude gens ont lesprit assez fin pour les saisir.

La moquerie a cela de particulier, quellenuit essentiellement à ce qui est bon, mais pointà ce qui est fort. La puissance a quelquechose dâpre et de triomphant qui tue le ridi-cule ; dailleurs les esprits frivoles respectentla prudence de la chair, selon lexpressiondun moraliste du seizième siècle ; et lon estétonné de trouver toute la profondeur de lin-térêt personnel dans ces hommes qui sembloi-ent incapables de suivre une idée ou un sen-timent, quand il nen pouvoit rien résulterdavantageux pour leurs calculs de fortune oude vanité.

La frivolité desprit ne porte point ànégliger les affaires de ce monde. On trouveau contraire une bien plus noble insoucianceà cet égard dans les caractères sérieux quedans les hommes dune nature légère ; car lalégèreté de ceux-ci ne consiste le plus souventquà dédaigner les idées générales pour mieuxsoccuper de ce qui ne concerne queux-mêmes.

Il y a quelquefois de la méchanceté dans lesgens desprit ; mais le génie est presque tou-jours plein de honté. La méchanceté vient