DE L'IGNORANCE, ETC.
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Les jeunes gens, à peine sortis de l’école,se bâtent de prendre possession de l’oisivetécomme de la robe virile ; les hommes et lesfemmes s’épient les uns les autres dans lesmoindres détails, non pas précisément parméchanceté, mais pour avoir quelque chose àdire quand ils n’ont rien à penser. Ce geni’ede causticité journalière détruit la bienveil-lance et la loyauté. On n’est pas content desoi-même quand on abuse de l’hospitalitédonnée ou reçue pour critiquer ceux avec quil’on passe sa vie, et l’on empêche ainsi touteaffection profonde de naître ou de subsister ;car en écoutant des moqueries sur ceux quinous sont chers, on flétrit ce que l’affection ade pur et d’exalté : les sentiments dans lesquelson n’est pas d’une vérité parfaite font plus demal que l’indifférence.
Chacun a en soi un côté ridicule ; il n’y aque de loin qu’un caractère semble complet ;mais ce qui fait l’existence individuelle étanttoujours une singularité quelconque, cettesingularité prête à la plaisanterie : aussil’homme qui la craint avant tout, cherche-t-ilautant qu’il est possible à faire cîisparoître enlui ce qui pourvoit le signaler de quelquemanière, soit en bien, soit en mal. Cette
TOM. III.
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