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3 (1813)
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DE L'IGNORANCE, ETC.

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Les jeunes gens, à peine sortis de lécole,se bâtent de prendre possession de loisivetécomme de la robe virile ; les hommes et lesfemmes sépient les uns les autres dans lesmoindres détails, non pas précisément parméchanceté, mais pour avoir quelque chose àdire quand ils nont rien à penser. Ce geniede causticité journalière détruit la bienveil-lance et la loyauté. On nest pas content desoi-même quand on abuse de lhospitalitédonnée ou reçue pour critiquer ceux avec quilon passe sa vie, et lon empêche ainsi touteaffection profonde de naître ou de subsister ;car en écoutant des moqueries sur ceux quinous sont chers, on flétrit ce que laffection ade pur et dexalté : les sentiments dans lesquelson nest pas dune vérité parfaite font plus demal que lindifférence.

Chacun a en soi un côté ridicule ; il ny aque de loin quun caractère semble complet ;mais ce qui fait lexistence individuelle étanttoujours une singularité quelconque, cettesingularité prête à la plaisanterie : aussilhomme qui la craint avant tout, cherche-t-ilautant quil est possible à faire cîisparoître enlui ce qui pourvoit le signaler de quelquemanière, soit en bien, soit en mal. Cette

TOM. III.

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