256 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
cœur. Maintenant les philosophes se réfu-gient dans la religion pour trouver en elle lasource des conceptions hautes et des senti-ments désintéressés ; à cette époque, préparéepar les siècles, l’alliance de la philosophie etde la religion peut-être intime et sincère. Lesignorants ne sont plus, comme jadis, deshommes ennemis du doute et décidés à re-pousser toutes les fausses lueurs qui trou-bleraient leurs espérances religieuses et leurdévouement chevaleresque ; les ignorants denos jours, sont incrédules, légers, superficiels;ils savent tout ce que l’égoïsme a besoin desavoir, et leur ignorance ne porte que sur cesétudes sublimes qui font naître dans l’ame unsentiment d’admiration pour la nature et pourla divinité.
Les occupations guerrières remplissoientjadis la vie des nobles, et formoient leur espritpar l’action ; mais lorsque, de nos jours, leshommes de la première classe n’ont aucunefonction dans l’état et n’étudient profondé-ment aucune science, toute l’activité de leuresprit, qui devrait être employée dans le cercledes affaires ou des ti'avaux intellectuels, sedirige sur l’observation des manières et la con»noissance des anecdotes.