L’AMOUR DANS LE MARIAGE.
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Mais de même que clans les arts les diffi-cultés vaincues n’exigent point de vrai génie,dans le sentiment il faut de la sécurité pouréprouver ces affections, gages de l’éternité,puisqu’elles nous donnent seules l’idée de cequi ne sauroit finir.
Le jeune homme fidèle semble chaque jourpréférer de nouveau celle qu’il aime ; la na-ture lui a donné une indépendance sansbornes, et de long-temps du moins il ne sau-roit prévoir les jours mauvais de la vie : soncheval peut le porter au bout du monde; laguerre, dont il est épris, l’affranchit au moinsmomentanément des relations domestiques, etsemble réduire tout l’intérêt de l’existence àla victoire ou à la mort. La terre lui appar-tient, tous les plaisirs lui sont offerts, nullefatigue ne l’effraie, nulle association intimene lui est nécessaire; il serre la main d’uncompagnon d’armes, et le lien qu’il lui fautest formé. Un temps viendra sans doute oùla destinée lui révélera ses terribles secrets ;mais il ne peut encore s’en douter. Chaquefois qu’une nouvelle génération entre en pos-session de son domaine, ne croit-elle pas quetous les malheurs de ses devanciers sont venusde leur foiblesse ? ne se persuade-t-elle pas
TOM. III. R