242 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
qu’ils sont nés tremblants et débiles, commeon les voit maintenant ? Eh bien ! du seinmême de tant d’illusions, qu’il est vertueuxet sensible celui qui veut se vouer au longamour lien de cette vie avec l’autre ! ah !qu’un regard fier et mâle est beau, lorsqu’enmême temps il est modeste et pur ! on y voitpasser un rayon de cette pudeur, qui peut sedétacher de la couronne des vierges saintespour parer même un front guerrier.
Si le jeune homme veut partager avec unseul objet les jours brillants de sa jeunesse,il trouvera sans doute parmi ses contem-porains des railleurs qui prononceront surlui ce grand mot de duperie, la terreur desenfants du siècle. Mais est-il dupe le seulqui sera vraiment aimé ? car les angoisses oules jouissances de l’amour propre formenttout le tissu des affections frivoles et men-songères. Est-il dupe celui qui ne s’amuse pasà tromper poxir être à son tour plus trompé,plus déchiré peut-être que sa victime ? Est-ildupe, enfin, celui qui n’a pas cherché lebonheur dans les misérables combinaisons dela vanité, mais dans les éternelles beautés dela nature, qui parlent toutes de constance,de durée, et de profondeur ?