J A C O B I.
217
morale, comment se feroit-elle obéir ? Com-ment unir ensemble, si ce n’est par le senti-ment, la raison et la volonté, lorsque cettevolonté doit faire plier nos passions ? Unpenseur allemand a dit qu’il n’y avoit d'autrephilosophie que la religion chrétienne, et cen’est certainement pas pour exclure la philo-sophie qu’il s’est exprimé ainsi, c’est parce-qu’il étoit convaincu que les idées les plushautes et les plus profondes conduisoient àdécouvrir l’accord singulier de cette religionavec la nature de l’homme. Entre ces deuxclasses de moralistes, celle qui, comme Kant etd’autres plus abstraits encore, veut rapportertoutes les actions de la morale à des préceptesimmuables, et celle qui, comme Jacobi, pro-clame qu’il faut tout abandonner à la décisiondu sentiment; le christianisme semble indiquerle point merveilleux où la loi positive n’exclutpas l’inspiration du cœur, ni cette inspirationla loi positive.
Jacobi, qui a tant de raisons de se confierdans la pureté de sa conscience, a eu tort deposer en principe qu’on doit s’en remettreentièrement à ce que le mouvement del’ame peut nous conseiller ; la sécheressede quelques écrivains intolérants, qui n’ad-