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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
Il a combattu le premier la morale fondéesur l’intérêt, et donnant pour principe à lasienne le sentiment religieux, considéré phi-losophiquement, il s’est fait une doctrinedistincte de celle de Kant, qui rapporte tout à,l’inflexible loi du devoir, et de celle des nou-veaux métaphysiciens, qui cherchent, commeje viens de le dire, le moyen d’appliquer la,rigueur scientifique à la théorie de la vertu.
Schiller, dans une épîgramme contre le sys-tème de Kant en morale, dit : “ Je trouve“ du plaisir à servir mes amis; il m’est“ agréable d’accomplir mes devoirs ; cela“ m’inquiète, car alors je ne suis pas ver-,“ tueux.” Cette plaisanterie porte avec elleun sens profond, car, quoique le bonheur nedoive jamais être le but de l’accomplissementdu devoir, néanmoins la satisfaction inté-rieure qu’i) nous cause est précisément cequ’on peut appeler la béatitude de la vertu :ce mot de béatitude a perdu quelque chose desa dignité ; mais il faut pourtant revenir às’en servir, car on a besoin d’exprimer legenre d’impressions qui fait sacrifier le bon-heur, ou du moins le plaisir, à un état del’ame plus doux et plus pur.
En effet, si le sentiment ne seconde pas la