DE LA MORALE, ETC.
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générations entières s’occupent de son malheur,tandis que des milliers d’hommes périssentdans une bataille sans qu’on s’informe de leursort. D’ où vient cette prodigieuse différenceque mettent tous les hommes entre l’injusticecommise envers un seul et la mort de plusieurs?c’est à cause de l’importance que tous at-tachent à la loi morale ; elle est mille fois plusque la vie physique dans l’univers et dans l’amede chacun de nous qui est aussi un univers.
Si l’on ne fait de la morale qu’un calcul deprudence et de sagesse, une économie de mé-nage, il y a presque de l’énergie à n’en pasvouloir. Une sorte de ridicule s’attache auxhommes d’état qui conservent encore ce qu’onappelle des maximes romanesques, la fidélitédans les engagements, le respect pour les droitsindividuels, etc. On pardonne ces scrupulesaux particuliers qui sont bien les maîtres d’êtredupes à leurs propres dépens ; mais quand ils’agit de ceux qui disposent du destin des peu-ples, il y auroit des circonstances où l’onpourroit les blâmer d’être justes et leur faireun tort de la loyauté ; car si la morale privéeest fondée sur l’intérêt personnel, à plus forteraison la morale publique doit-elle l’être surl’intérêt national, et cette morale^ suivant l’oc-