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3 (1813)
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188 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

casion, pourroit faire un devoir des plusgrands forfaits, tant il est facile de conduireà labsurde celui qui sécarte des simples basesde la vérité. Rousseau a dit quil néloit paspermis à une nation dacheter la révolution laplus désirable par le sang dun innocent ; cessimples paroles renferment ce quil y a devrai, de sacré, de divin dans la destinée delhomme.

Ce nest sûrement pas pour les avantages decette vie, pour assurer quelques jouissancesde plus à quelques jours dexistence, et retarderun peu la mort de quelques mourants, que laconscience et la religion nous ont été données.Cest pour que des créatures en possession dulibre arbitre choisissent ce qui est juste en sa-crifiant ce qui est utile, préfèrent lavenir auprésent, linvisible au visible, et la dignité delespèce humaine à la conservation même desindividus.

Les individus sont vertueux quand ils sacri-fient leur intérêt particulier à lintérêt général;mais les gouvernements sont à leur tour desindividus qui doivent immoler leurs avantagespersonnels à la loi du devoir ; si la morale deshommes détat nétoit fondée que sur le bienpublic, elle pourroit les conduire au crime, si