DE LA MORALE, ETC.
1 77
ses actions, lorsque ces actions sont dictéespar le devoir. Il faut avoir toujours présentà l’esprit, dans la direction des affaires de cemonde, l’enchaînement des causes et des effets,des moyens et du but ; mais cette prudenceest à la vertu comme le bon sens au génie :tout ce qui est vraiment beau est inspiré, toutce qui est désintéressé est religieux. Le cal-cul est l’ouvrier du génie, le serviteur del’ame ; mais, s’il devient le maître, il n’y aplus rien de grand ni de noble dans l’homme.Le calcul, dans la conduite de la vie, doitêtre toujours admis comme guide, mais ja-mais comme motif de nos actions. C’est unbon moyen d’exécution, mais il faut que lasource de la volonté soit d’une nature plusélevée, et qu’on ait en soi-même un sentimentintérieur qui nous force aux sacrifices de nosintérêts personnels.
Lorsqu’on vouloit empêcher saint Vincentde Paul de s’exposer aux plus grands périlspour secourir les malheureux, il répondoit :cc Me croyez-vous assez lâche pour préférer“ ma vie à moi !” Si les partisans de la mo-rale fondée sur l’intérêt veulent retrancher decet intérêt tout ce qui concerne l’existenceterrestre, alors ils seront d’accord avec les
TOM. III. N