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178 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
hommes les plus religieux ; mais encore pour-ra-t-on leur reprocher les mauvaises expres-sions dont ils se servent.
—En effet, dira-t-on, il ne s’agit que d’unedispute de mots ; nous appelons utile ce quevous appelez vertueux, mais nous plaçons demême l’intérêt bien entendu des hommes dansle sacrifice de leurs passions à leurs devoirs.—Les disputes de mots sont toujours des disputesde choses ; car tous les gens de bonne foi con-viendront qu’ils ne tiennent à tel ou tel motque par préférence pour telle ou telle idée ;comment les expressions habituellement em-ployées dans les rapports les plus vulgairespourroient-elles inspirer des sentiments géné-reux ? En prononçant les mots d’intérêt etd’utilité, réveillera-t-on les mêmes penséesdans notre cœur qu’en nous adjurant au nomdu dévouement et de la vertu ?
Lorsque Thomas Morus aima mieux périrsur l’échafaud que de remonter au faîte desgrandeurs en faisant le sacrifice d’un scrupulede conscience ; lorsqu’après une année deprison, affoibli par la souffrance, il refusad’aller retrouver sa femme et ses enfants qu’ilchérissoit, et de se livrer de nouveau à cesoccupations de l’esprit qui donnent tout à la