DE LA MORALE, ETC.
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éprouver le genre de regret que cause unespéculation manquée ; car si notre proprebonheur est notre principal objet, si noussommes l’unique but de nous-mêmes, la paixdoit être bientôt rétablie entre ces deux pro-ches alliés, celui qui a eu tort et celui qui ensouffre. C’est presque un proverbe générale-ment admis, que, dans ce qui ne concerne quesoi, chacun est libre ; or, puisque dans lamorale fondée sur l’intérêt il ne s’agit jamaisque de soi, je ne sais pas ce qu’on auroit àrépondre à celui qui diroit : “ Vous me don-nez pour mobile de mes actions mon propre“ avantage ; bien obligé : mais la manière de“ concevoir cet avantage dépend nécessaire-C( ment du caractère de chacun. J’ai du cou-“ rage, ainsi je puis braver mieux qu’unautre les périls attachés à la désobéissance“ aux lois reçues ; j’ai de l’esprit, ainsi je“ me crois plus de moyens pour éviter d’être“ puni ; enfin, si cela me tourne mal, j’ai“ assez de fermeté pour prendre mon parti“ de m’être trompé ; et j’aime mieux les“ plaisirs et les hasards d’un gros jeu que la“ monotonie d’une existence régulière.”Combien d’ouvrages Français, dans le der-pier siècle, n’ont-ils pas commenté ces argu-