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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

tion, dun ordre tout-à-fait religieux, na pointde rapport avec ce quon désigne ici-bas parle mot de bonheur. Appeler le dévouementou légoïsme, le crime ou la vertu, un intérêtpersonnel bien ou mal entendu, cest vouloircombler labîme qui sépare lhomme coupablede lhomme honnête, cest détruire le respect,cest affoiblir lindignation ; car si la moralenest quun bon calcul, celui qui peut y man-quer ne doit être accusé que davoir lespritfaux. Lon ne sauroit éprouver le noble sen-timent de lestime pour quelquun, pareequilcalcule bien, ni la vigueur du mépris contreun autre, pareequil calcule mal. On estdonc parvenu par ce système au but principalde tous les hommes corrompus, qui veulentmettre de niveau le juste avec linjuste, ou dumoins considérer lun et lautre comme unepartie bien ou mal jouée : aussi les philo-sophes de cette école se servent-ils plus sou-vent du mot de faute que de celui de crime ;car, daprès leur manière de voir, il ny adans la conduite de la vie que des combinai-sons habiles ou maladroites.

On ne concevroit pas non plus comment leremords pourroit entrer dans un pareil sys-tème j le criminel, lorsquil est puni, doit