INFLUENCE DE LA NOUVELLE PHILOSOPHIE. 1GI
féconde s’offre à leurs regards. L’envie et lamédiocrité ont bien aussi leurs sortilèges : massil faut marcher vers la vérité, sans s’inquiéterdes obstacles appai'ents qui se présentent.
Lorsque Keppler eut découvert les lois har-moniques du mouvement des corps célestes,c’est ainsi qu’il exprima sa joie : “ Enfin,“ après dix-huit mois, une première lueur“ m’a éclairé, et dans ce jour remarquable“ j’ai senti les purs rayons des vérités su-tc Mimes. Rien à présent ne me retient :“ j’ose me livrer à ma sainte ardeur, j’ose“ insulter aux mortels en leur avouant que“ je me suis servi de la science mondaine,“ que j’ai dérobé les vases d’Egypte pour en“ construire un temple à mon Dieu. Si l’on“ me pardonne, je m’en réjouirai ; si l’on me“ blâme, je le supporterai. Le sort en est“ jeté, j’écris ce livre : qu’il soit lu par mes“ contemporains ou par la postérité, n’im-“ porte ; il peut bien attendre un lecteur“ pendant un siècle, puisque Dieu lui-même“ a manqué, durant six mille années, d’un(C contemplateur tel que moi.” Cette expres-sion hardie d’un orgueilleux enthousiasmeprouve la force intérieure du génie.
Goethe a dit sur la perfectibilité de l’esprit
TOM. III. M