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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
étendue, qui embrasseroit l’univers dans sonensemble, et ne mépriseroit pas le côté noe -turne de la nature , en attendant qu’on puissey répandre de la clarté ?
—C’est de la poésie, répondra-t-on, quetoute cette manière de considérer le mondephysique ; mais on ne parvient à le connoîtred’une manière certaine que par l’expérience,et tout ce qui n’est pas susceptible de preuvespeut être un amusement de l’esprit, mais neconduit jamais à des progrès solides.—Sansdoute les Français ont raison de recommanderaux Allemands le respect pour l’expérience ;mais ils ont tort de tourner en ridicule lespressentiments de la réflexion, qui serontpeut-être un jour confirmés par la connois-sanee des faits. La plupart des grandes dé-couvertes ont commencé par paroître ab-surdes, et l’homme de génie ne fera jamaisrien s’il a peur des plaisanteries ; elles sontsans force quand on les dédaigne, et prennenttoujours plus d’ascendant quand on les re-doute. On voit dans les contes de fées desfantômes qui s’opposent aux entreprises deschevaliers et les tourmentent jusqu’à ce queces chevaliers aient passé outre. Alors toules sortilèges s’évanouissent, et la campagne