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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
fleurs, aux arbres des forêts, qu’aux végé-taux qui servent d’aliment à l’homme. Sil’utile avoit le premier rang dans la nature,ne revêtiroit-elle pas de plus de charmes lesplantes nutritives que les roses, qui ne sontque belles ? Et d’où, vient cependant que,pour parer l’autel de la Divinité, l’on cher-cheroit plutôt les inutiles fleurs que les produc-v tions nécessaires ? D’où vient que ce qui sertau maintien de notre vie a moins de dignitéque les beautés sans but ? C’est que le beaunous rappelle une existence immortelle et di-vine dont le souvenir et le regret vivent à lafois dans notre cœur.
Ce n’est certainement pas pour méconnoî-tre la valeur morale de ce qui est utile queKant en a séparé le beau ; c’est pour fonderl’admiration en tout genre sur un désinté-ressement absolu ; c’est pour donner aux sen-timents qui rendent le vice impossible lapréférence sur les leçons qui servent à le cor-riger.
Rarement les fables mythologiques des an-ciens ont été dirigées dans le sens des exhor-tâtions de morale ou des exemples édifiants,et ce n’est pas du tout parceque les modernesvalent mieux qu’eux qu’ils cherchent souvent