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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

fleurs, aux arbres des forêts, quaux végé-taux qui servent daliment à lhomme. Silutile avoit le premier rang dans la nature,ne revêtiroit-elle pas de plus de charmes lesplantes nutritives que les roses, qui ne sontque belles ? Et d, vient cependant que,pour parer lautel de la Divinité, lon cher-cheroit plutôt les inutiles fleurs que les produc-v tions nécessaires ? D vient que ce qui sertau maintien de notre vie a moins de dignitéque les beautés sans but ? Cest que le beaunous rappelle une existence immortelle et di-vine dont le souvenir et le regret vivent à lafois dans notre cœur.

Ce nest certainement pas pour méconnoî-tre la valeur morale de ce qui est utile queKant en a séparé le beau ; cest pour fonderladmiration en tout genre sur un désinté-ressement absolu ; cest pour donner aux sen-timents qui rendent le vice impossible lapréférence sur les leçons qui servent à le cor-riger.

Rarement les fables mythologiques des an-ciens ont été dirigées dans le sens des exhor-tâtions de morale ou des exemples édifiants,et ce nest pas du tout parceque les modernesvalent mieux queux quils cherchent souvent