NOUVELLE PHILOSOPHIE ALLEMANDE. 137
à donner à leurs fictions un résultat utile,c’est plutôt parcequ’ils ont moins d’imagina-tion, et qu’ils transportent dans la littératurel’habitude que donnent les affaires de toujourstendre vers un but. Les évènements, telsqu’ils existent dans la réalité, ne sont pointcalculés comme une fiction dont le dénouementest moral. La vie elle-même est conçued’une manière tout-à-fait poétique : car cen’est point d’ordinare parceque le coupableest puni et l’homme vertueux récompensé,qu’elle produit sur nous une impression mo-rale, c’est parcequ’elîe développe dans notreame l’indignation contre le coupable et l’en-thousiasme pour l’homme vertueux.
Les Allemands ne considèrent point, ainsiqu’on le fait d’ordinaire, l’imitation de la na-ture comme le principal objet de l’art j c’estla beauté idéale qui leur paroît le principe detous les chefs-d’œuvre, et leur théorie poé-tique est à cet égard tout-à-fait d’accord avecleur philosophie. L’impression qu’on reçoitpar les beaux-arts n’a pas le moindre rapportavec le plaisir que fait éprouver une imitationquelconque; l’homme a dans son ame desssntiments innés que les objets réels ne satis-feront jamais, et c’est à ces sentiments que