NOUVELLE PHILOSOPHIE ALLEMANDE. 13S
t'ères du naïf, c’est d’exprimer ce qu’on sentou ce qu’on pense, sans réfléchir à aucun ré-sultat ni tendre vers aucun but ; et c’est encela qu’il s’accorde avec la théorie des Alle-mands sur la littérature.
Kant, en séparant le beau de l’utile, prouveclairement qu’il n’est point du tout dans lanature des beaux-arts de donner des leçons.Sans doute tout ce qui est beau doit faire naî-tre des sentiments généreux, et ces sentimentsexcitent à la vertu ; mais dès qu’on a pourobjet de mettre en évidence un précepte demorale, la libre impression que produisent leschefs-d’œuvre de l’art est nécessairement dé-truite ; car le but, quel qu’il soit, quand il estconnu, borne et gêne l’imagination. On pré-tend que Louis XIV disoit à un prédicateurqui avoit dirigé son sermon contre lui : “Je“ veux bien me faire ma part 5 mais je ne“ veux pas qu’on me la fasse.” L’on pour-voit appliquer ces paroles aux beaux-arts engénéral : ils doivent élever Famé, et non pasl’endoetriner.
La nature déploie ses magnificences souventsans but, souvent avec un luxe que les parti-sans de l’utilité appelleroient prodigue. Ellesemble se plaire à donner plus d’éclat aux
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