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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

la médiocrité trouve tout trop fort et tropexalté ; en Allemagne, rien ne lui paroît àla hauteur de la nouvelle doctrine. EnFrance, la médiocrité se moque de lenthou-siasme ; en Allemagne, elle dédaigne un cer-tain genre de raison. Un écrivain nen sau-roit jamais faire assez pour convaincre leslecteurs Allemands quil nest pas superficiel,quil soccupe en toutes choses de limmortelet de linfini. Mais comme les facultés delesprit ne répondent pas toujours à de si vastesdésirs, il arrive souvent que des efforts gigan-tesques ne conduisent quà des résultats com-muns. Néanmoins cette disposition généraleseconde lessor de la pensée ; et il est plus fa-cile, en littérature, de poser des limites quede donner de lémulation.

Ee goût que les Allemands manifestentpour le genre naïf, et dont jai déjà eu loc-casion de parler, semble en contradictionavec leur penchant pour la métaphysique,penchant qui naît du besoin de se connoîtreet de sanalyser soi-même; cependant cestaussi à linfluence dun système quil faut rap-porter ce goût pour le naïf ; car il y a de laphilosophie dans tout en Allemagne, mêmedans limagination. Lun des premiers carac-