NOUVELLE PHILOSOPHIE ALLEMANDE. 133
partent de notre conviction intime et de nosémotions spontanées.
Il y a dans le style des qualités qui tiennentà la vérité même du sentiment, il y en a quidépendent de la correction grammaticale. Onauroit de la peine à faire comprendre à desAllemands que la première chose à examinerdans un ouvrage, c’est la manière dont il estécrit, et que l’exécution doit l’emporter sur laconception. La philosophie expérimentaleestime un ouvrage surtout par la forme ingé-nieuse et lucide sous laquelle il est présenté ;la philosophie idéaliste, au contraire, toujoursattirée vers le foyer de l’ame, n’admire queles écrivains qui s’en rapprochent.
Il faut l’avouer aussi, l’habitude de creuserdans les mystères les plus cachés de notre êtredonne du penchant pour ce qu’il y a de plusprofond et quelquefois de plus obscur dans lapensée. Aussi les Allemands mêlent-ils tropsouvent la métaphysique à la poésie.
La nouvelle philosophie inspire le besoin des’élever jusqu’aux pensées et aux sentimentssans bornes. Cette impulsion peut être favo-rable au génie, mais elle ne l’est qu’à lui, etsouvent elle donne à ceux qui n’en ont pasdes prétensions assez ridicules. En France,
k 3